jeudi 22 juin 2017

Portrait | Chris Hornikx, Le Parfumeur de Paris à Durbuy



En cette belle journée de juin, nous sommes allés à la rencontre de Chris Hornikx qui tient la seule parfumerie que l'on trouve sur la commune.
« Le Parfumeur de Paris » se situe dans le Vieux Durbuy et propose aux clients pas moins de 1 000 références !







ADL : Madame Hornikx, quel est votre parcours professionnel et comment êtes-vous arrivée à Durbuy ?

Chris Hornikx : Cela fait 44 ans que je travaille dans le secteur de la vente. Je suis arrivée, ici, à Durbuy, pour donner un coup de main à mon frère durant la haute saison. Il a ouvert ce magasin, Le Parfumeur de Paris, en 1998. Suite à son décès, en 2003, j’ai décidé de continuer ce qu’il avait entrepris.
Ceci dit, j’ai toujours eu, comme mon frère, une passion pour les parfums. C’est donc assez naturellement que j’ai repris les rennes. Cela fait aujourd’hui 20 ans que je travaille dans ce secteur !

ADL : Pourquoi « Le Parfumeur de Paris » ?

C.H. : Mon frère a passé 4 semaines chez Guerlain, à Paris, pour en apprendre davantage sur les parfums. Le nom du magasin évoque donc cette fabuleuse expérience. 


ADL : Cela fait donc 20 ans que vous battez le pavé de Durbuy. Que pensez-vous de son évolution ?

C.H. : Les aménagements entrepris vont dans le bon sens et je suis certaine que cela va encore s’améliorer. J’ai confiance en l’avenir et aux projets qui vont encore être mis sur pied. Je suis fière de tenir une boutique dans la « Plus Petite Ville du Monde ». J’espère encore pouvoir rester longtemps…

ADL : Exploitez-vous l’image de Durbuy ?

C.H. : Le cadre qu’offre Durbuy correspond totalement au produit que je vends. Beaucoup de touristes viennent pour un petit séjour romantique. C’est donc à deux, en couple, qu’ils viennent chercher un parfum.



ADL : Avez-vous vu une évolution de votre clientèle ?

C.H. : Non. Elle est exactement la même qu’au début. 80% d’entre elle est composée de visiteurs extérieurs. Et c’est une clientèle fidèle ! Certains reviennent depuis 17 ans ! Je considère mes clients comme des rois et des reines. Je fais de mon mieux pour qu’ils reviennent. Mon point fort, outre ma personnalité et ma gentillesse, est que je parle leur langue (ndlr : Madame Hornikx parle 6 langues). J’ai des clients très fidèles qui viennent d’Australie, d’Italie, d’Ecosse…
Une fois entré chez moi, vous revenez ! (sourire)

ADL : Justement, quand on franchit le seuil de votre magasin, outre les parfums, que peut-on trouver ?



C.H. : Des produits de soin, des maquillages et des parapluies chauve-souris de la marque Almania. Je suis actuellement la seule à vendre ces parapluies dans le Benelux mais plus pour longtemps, à mon avis. Par contre, je suis certaine que vous ne les trouverez pas moins cher ailleurs, ni même sur le web. En effet, ça ne m’intéresse pas de prendre un bénéfice sur des pièces originales. C’est ma philosophie et, après 44 ans de métier, je peux me le permettre.

ADL : Vous affichez également une réduction de 25% sur tout. Comment est-ce possible ?



C.H. : Cela correspond aux frais que me coûterait une vendeuse. Je ne veux plus travailler avec des vendeuses comme je l’ai déjà fait par le passé. J’en ai formé sept de A à Z, j’ai dépensé beaucoup d’énergie, je me suis beaucoup investie et… elles sont toutes parties ! Je reconnais que je suis exigeante mais c’est parce que je veux que les clients soient servis comme moi je voudrais l’être.

ADL : Vous l’avez dit. Vous considérez vos clients comme des rois et des reines…

C.H. : J’aime les gens. J’ai un très bon feeling avec eux. Quand quelqu’un entre, je sais quel parfum lui vendre. Il m’arrive de refuser de vendre un parfum à un client parce que je sais pertinemment bien qu’il ne lui ira pas. C’est une question de feeling, ça ne s’explique pas. Si le parfum ne colle pas à votre personnalité, je ne vous le vends pas ! Mes clients le savent et c’est pour ça qu’ils reviennent. Ils me font confiance. C’est une question de respect entre nous. C’est une démarche professionnelle qu’on ne retrouve pas partout, malheureusement !



ADL : Vous avez plus de 1 000 flacons ! Comment faites-vous ?

C.H. : Il faut connaître ses produits et les ingrédients qui les composent. En grande passionnée que je suis, je n’ai aucun problème avec ça. J’ai un très bon contact également avec mes représentants. Quand ils passent pour présenter une nouveauté,  ils me disent quels ingrédients composent le parfum. Ce contact visuel et olfactif est primordial pour moi afin de bien vendre le parfum. Je serais bien incapable de travailler pour une chaîne de magasin où les nouveautés vous sont proposées par mail. L’âme de la parfumerie doit revenir !

ADL : Avec quelles marques travaillez-vous ?

C.H. : Je propose 21 marques différentes. Lancôme, Dior, Armani et Chanel sont, par contre, les 4 marques avec lesquelles je ne travaille plus. Ce sont pourtant les plus vendues dans le monde mais je ne suis pas satisfaite du rapport qualité/prix. C’est mon opinion et ça n’engage que moi.
13 000 parfums dans le monde, 189 ingrédients qui les composent. Sur les 1 000 que je propose dans ma boutique, il y a toujours un parfum que je peux conseiller à un client. Je veux dire que si on me demande quelque chose que je n’ai pas, je peux proposer une alternative semblable car je connais mes produits.

ADL : Les gens sont-ils fidèles à un parfum ?

C.H. : Personne n’est fidèle à son parfum ! Dès qu’on change d’humeur, on doit changer de parfum. Je dis toujours : « Il faut un parfum pour la vente, la chasse, la romance et le travail ! » (rires). Les odeurs sont très importantes. Un bébé qui est parfumé la première année, se souviendra de l’odeur en question pour le reste de sa vie !

ADL : Un parfum, c’est encore bien souvent LE cadeau idéal...

C.H. : Disons que c’est encore un luxe payable. Et chez moi, c’est un rêve payable ;-)
Si vous souhaitez offrir un parfum à quelqu’un que je ne connais pas, je pose quelques questions sur la personne et, en fonction, je propose tel ou tel parfum. Il est bien rare que je me trompe.


ADL : Votre commerce souffre-t-il de la concurrence de la vente en ligne ?

C.H. : Pas du tout ! Dans mon secteur d’activité, les gens recherchent le conseil professionnel et personnalisé. On ne peut pas dire la même chose du secteur du textile qui souffre énormément de la concurrence du web.

ADL : Etes-vous, vous-même, présente sur le web ?

C.H. : J’ai tout arrêté : site internet, page Facebook. Même la promotion papier avec bon de réduction. Ce qui marche le mieux et, qui plus est, est international : c’est le bouche-à-oreille.
Par contre, si j’avais 20 ans et que je devais ouvrir mon commerce, je n’hésiterais pas une seconde à cibler un public jeune avec un site e-commerce, une page Facebook, etc.

ADL : En parlant d’ouvrir un commerce, quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer ?

C.H. : Pour ouvrir un commerce, ici, à Durbuy, je dirais qu’il faut une boutique qui propose des articles de qualité, de marque, avec une certaine classe. Ça manque !

ADL : Certains commerçants des ruelles de Durbuy se plaignent du manque de visibilité. Est-ce également votre cas ?

C.H. : Non. Je ne partage pas ce ressenti. Si on ne me voyait pas, je trouverais une solution ! J’ai un esprit très commerçant. Il faut un point d’attraction pour attirer le client. C’est aussi pour cela que j’étale des articles à l’extérieur du magasin. Il faut dynamiser son commerce tout en restant dans le bon goût !

ADL : Quelle est votre plus grande satisfaction ?

C.H. : J’ai réussi à vivre de ma passion et j’en récolte les fruits depuis environ 6 ans. Et puis, les clients viennent pour moi, pour qui je suis, pour les conseils que je leur donne. J’essaie toujours de faire en sorte que les gens ne m’oublient pas. Quel plaisir de les entendre dire : « Ah, c’est toujours vous ! » et les voir entrer dans la parfumerie. La grande peur dans ma vie a toujours été d’être oubliée. C’est comme ça, je ne peux pas me l’expliquer. Alors, quand des clients se souviennent de moi après des années, je suis si heureuse !



Le Parfumeur de Paris
Rue Jean de Bohême 9 | 6940 Durbuy
Tél. : 086 21 86 16 | chris.hornikx@skynet.be


Entretien réalisé par Caroline Lamy


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