mardi 19 décembre 2017

Portrait | Didier Lamaire, Lamelec à Bomal

Le courant passe entre nous !




Que faire lorsque vos chantiers se terminent avec des pièces inutilisées et, qu’au fur et à mesure, vous accumulez un stock non négligeable ? Que faire aussi lorsque vous voulez une fois de plus satisfaire vos clients avec du matériel de qualité à des prix défiant toute concurrence ? C’est qu’il est temps d’ouvrir un magasin de bricolage à forte consonance électrique. Et c’est ce qu’est en train de vivre la société Lamelec.

Nous avons voulu rencontrer son jeune magasinier question d'en savoir plus sur ce nouveau projet mais aussi le patron, Didier Lamaire, histoire aussi de mieux connaitre l’entreprise qu'est Lamelec !






ADL : C’est plutôt inhabituel de voir une société telle que celle-ci active sur Facebook, non ?



Antoine Crèvecœur : A priori, oui, mais à y regarder de plus près, ce n’est jamais qu’un moyen de communication contemporain, qu’on ne peut ignorer. Nous avons surtout beaucoup apprécié la dynamique de Durbuy Commerce et nous avons voulu nous y associer.

ADL : S’agit-il pour vous de trouver une nouvelle clientèle ?
 

A.C. : En quelque sorte, c’est un peu ça. De nombreux professionnels du bâtiment nous connaissent déjà et constituent la majorité de nos clients. Nous souhaitons maintenant toucher le bricoleur lambda. Tout le monde sera gagnant. Surtout, nous n’avons pas voulu nous cantonner dans du matériel électrique et vous pouvez aussi trouver chez nous des vis, des échelles, des machines de chantier à louer, des électroménagers, etc…



ADL à Didier Lamaire, patron de la société Lamelec : C’est un sacré changement pour la société que vous avez créée il y a 27 ans...

Didier Lamaire : C’est une corde de plus à notre arc. C’est une question de satisfaire nos clients et d’amortir intelligemment un stock dormant. Nous avons toujours privilégié l’écoute de nos clients. Comprendre avant tout le monde les besoins qu’ils allaient rencontrer et leur proposer des solutions qu’ils ne trouveraient pas ailleurs. C’était le cas pour les systèmes d’alarme et de détection incendie, les installations photovoltaïques, les câblages data ou la fibre optique. Nous sommes dans un domaine où il nous faut sans cesse être devant tout le monde.

ADL : Ce sont des développements qui étaient évidents dès le départ, en 1991 ?

D.L. : Absolument pas. Avec mon frère Marc (aujourd’hui à la retraite), nous sommes partis de presque rien. Nous voulions créer, nous lancer, travailler pour nous. Rien n’était programmé. Seule l’envie de très bien faire les choses nous motivait. Nous voulions apporter un service de qualité pour nous différencier. C’est la principale stratégie qui existe si l’on veut durer.

ADL : Était-ce un point commun avec votre frère ? Car ce n’est pas toujours évident de travailler en famille ?

D.L. : Nous nous entendions très bien, nous sommes rapidement sur la même longueur d’onde et ne nous marchons pas sur les pieds. Mon frère s’occupait de la partie technique et moi de la gestion. Et puis, vous savez, une entreprise familiale commence par l’occupation de son garage, d’une partie du salon. C’est un développement qui monopolise tout le monde, on pousse les murs, le stock rempli les garages. Nous avons dû, dès le départ, communiquer entre nous de manière très claire.

ADL : Et puis, tout s’est enchaîné assez vite...

D.L. : Oui, nous avons engagé un premier ouvrier fin ’91 et un deuxième l’année suivante. Au fil des chantiers, c’est toute une équipe qui s’est constituée. C’est en ’98 que nous avons acheté le bâtiment où nous sommes encore aujourd’hui, près de la gare de Bomal. A présent, nous sommes une PME de près de 10 employés et 35 ouvriers.

ADL : Et tout ça en proposant des solutions au niveau de l’électricité domestique ?

D.L. : J’ai travaillé pendant 10 chez Collignon, électricien bien connu dans la région. J’y ai appris l’amour d’un travail bien fait. Et si au début nous avons fait beaucoup de chantiers domestiques, nous nous sommes vite positionnés sur des chantiers plus imposants, qu’ils soient privés ou publics, offrant progressivement de plus en plus de techniques spéciales (câblages data, détection incendie,  alarme-intrusion, de l’appel infirmier en milieu hospitalier, du contrôle d’accès…). Nous sommes dans le champ de l’électrotechnique, agréés P1 (installations électriques) classe 6.

ADL : Les chantiers que vous acceptez ont des caractéristiques techniques de plus en plus aiguës. Cela va-t-il de paire avec une importante politique de formation pour le personnel ?

D.L. : C’est indispensable. Prenez, par exemple, un de nos derniers chantiers : le reconditionnement du Centre de revalidation de Fraiture-en-Condroz. Toutes les techniques disponibles sont rassemblées en un seul écran tactile, fixé au lit du patient. Le métier se complexifie et donc nos électriciens doivent acquérir des compétences de plus en plus fines. Notre bureau d’études interne tourne avec un ingénieur, deux dessinateurs et un deviseur. Mais le principal à transmettre est l’esprit familial qui nous est propre, l’ensemble de nos valeurs, basées sur le respect et l’amour du travail bien fait. Nous respectons nos salariés, nos clients, nos engagements. Il en résulte un travail qualitatif, en toute sécurité pour tout le monde.

ADL : La société est donc en pleine croissance ! Félicitations ! Est-ce à dire que vous préparez progressivement la transmission de votre entreprise ?

D.L. : Parfaitement. Cela fait déjà 5 ans que les choses se mettent en place. Mes fils et mon neveu se sentent très impliqués et nous avons tous envie que cela se fasse en douceur. Nous en sommes à la moitié du processus. La santé d’une entreprise se mesure certainement à des finances transparentes* , que l’on peut s’approprier facilement, mais à l’inverse la génération suivante doit pouvoir apporter son regard, être en symbiose avec son environnement.

ADL : C’est ainsi dans un souci d’adaptation que vous confiez aujourd’hui une partie de la promotion à une jeune recrue qui sera responsable de la page Facebook...

D.L. : Absolument, cette envie de céder son entreprise doit s’accompagner d’étapes nouvelles, que nous n’imaginions pas il y a 5 ans. C’est tout l’enjeu de la confiance et de la délégation des responsabilités qui constituent l’ADN de notre entreprise.

ADL à Antoine Crèvecœur : Avec une telle vision de l’entreprise, comment vous sentez-vous au début de votre carrière professionnelle ?

A.C. : Je suis fier d’être entré ici et j’espère grandement y apporter le meilleur de moi. C’est mon premier boulot et, déjà, il offre des perspectives passionnantes.


Rue de Tohogne 1 | 6941 Bomal
Tél. : 086 21 05 65
www.lamelec.be | o.lamaire@lamelec.be


Entretien réalisé par Xavier Lechien

Merci à Christophe Hay et Pascal Willems du Magazine Entreprendre Aujourd’hui (CCILB) d’avoir partagé leurs données.

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* D’un CA annuel de 100.000€ en 1991, Lamelec va clôturer 2017 à près de 8 millions d’€ !


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